Générer de l’hydrogène en toute sécurité : le pari d’HySiLabs

Remplacer les carburants fossiles, polluants et non renouvelables, par l’hydrogène reste encore une utopie. Certains marchés comme les flottes d’utilitaires utilisent déjà des piles à combustible à hydrogène, mais les technologies existantes nécessitent l’utilisation d’un électrolyseur, avec un apport d’énergie primaire ou du stockage haute pression. HySiLabs, issue d’une trouvaille fortuite dans un laboratoire de recherche de l’Université d’Aix-Marseille, produit de l’hydrogène à partir d’hydrures de silicium, d’eau et d’un catalyseur à faible coût permettant de produire de l’hydrogène dans les conditions de pression atmosphériques et de température ambiantes. « On retrouve cette réaction chimique dans la nature mais le processus spontané est très lent, avec un rendement de 30 % ; chez HySiLabs, la réaction a été quasi instantanée avec un rendement de 100 % », explique Emmanuel Casanova, co-fondateur de la start-up avec Vincent Lôme.

Production d’hydrogène en temps réel

La solution présente de nombreux avantages : l’hydrure de silicium est un déchet inerte de l’industrie du silicone, disponible en quantité, qui pourrait donc être réutilisé à l’échelle industrielle pour générer ce carburant du futur. Ce processus ne produit par ailleurs que du sable, qui pourrait être valorisé à son tour dans le secteur du BTP. Autre argument : contrairement aux autres technologies, les problèmes de stockage, de transport et de sécurité ne se posent pas puisque l’électricité est générée à la demande de l’utilisateur, directement sur site. « Nous supprimons les bonbonnes en utilisant les piles à combustible avec notre système, qui va transformer directement les deux liquides en présence en hydrogène ».

Il faudra encore attendre pour faire son plein d’hydrogène liquide dans la station service en bas de chez soi car cette énergie est encore trop peu compétitive pour l’intégrer dans des véhicules grand public. HySiLabs se destine à court terme aux marchés dits stationnaires comme les systèmes de secours en remplacement des groupes électrogènes au fioul, les entrepôts de logistique utilisant des chariots élévateurs – la start-up est en discussion avec FM Logistic pour mettre en œuvre une expérimentation dans ce sens-, les antennes relais télécoms, les régies télé, les data-centers… en alimentant en toute sécurité et à la demande des piles à combustible. La start-up d’origine aixoise, créée en février 2015 envisage également le marché du soutien aux énergies renouvelables, pour pallier aux intermittences de soleil et de vent.

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