En bref

Tryon, la solution de micro-méthanisation locale et clés en main !

L’installation, qui se présente sous la forme d’un à plusieurs conteneurs modulaires, transforme les biodéchets d’une part en fertilisant organique, favorable à un retour au sol, et d’autre part, en biogaz, une énergie renouvelable. Rencontre avec Jimmy Colomies, co-fondateur de la startup qui nous en dit plus.

 

 

En quoi consiste votre innovation ?

Tryon développe une solution de traitement de biodéchets par micro-méthanisation permettant de générer à la fois de l’énergie renouvelable, de l’eau claire et de la ressource agronomique. La méthanisation existe déjà à grande échelle. Notre innovation consiste à le faire à petite échelle de manière standard et modulaire, grâce à des installations décentralisées permettent de valoriser localement les déchets alimentaires de gisements dédiés comme des sites agro- alimentaires importants ou des gestionnaires de déchets privés ou publics. Notre solution est industrialisée et peut se mettre en place entre 6 et 12 mois. La capacité de traitement est adaptable et les fonctionnalités de l’unité sont personnalisables en fonction de la production locale ou des besoins du client.

Quand et comment est né Tryon ?

La société a été créée en avril 2015 mais la genèse du projet remonte à la fin de mes études. On est parti d’un constat qui est la gestion actuelle inefficace des biodéchets. Ils représentent plus de 10Mt/an et sont dans leur majorité collectés avec le reste des déchets ménagers pour être enfouis ou incinérés. Deux solutions alternatives existent pourtant : le compostage et la méthanisation.

Le compostage de proximité revient au goût du jour notamment dans les immeubles parisiens, mais il s’avère que le bilan carbone n’est pas optimum et que la valorisation organique est limitée. La méthanisation, seconde alternative, permet la valorisation énergétique de tous les biodéchets pour un bilan carbone intéressant mais n’existe qu’à grande échelle. Les usines de méthanisation sont souvent très éloignées des zones de production de déchets. Le transport des biodéchets jusqu’à ces usines engendre des impacts environnementaux et surtout des coûts insupportables pour les petits producteurs concentrés en milieu urbain

 Ce constat nous a amené à proposer une solution de valorisation à l’échelle locale qui n’implique pas une collecte lourde de manière à avoir un vrai cycle vertueux sur le traitement de déchets.

Comment évaluez-vous le marché que vous visez aujourd'hui ?

Notre marché est très complexe. Nous nous adressons aux gestionnaires de déchets. Mais indirectement, le marché concerne tout type de producteurs de biodéchets. Du particulier aux industries agroalimentaires, les biodéchets représentent entre 10 et 20 millions de tonnes par an. Ce qui représente un marché entre 2 et 4 milliards d’euros par an.

Comment vous démarquez-vous de vos concurrents ?

Notre principal concurrent est étranger. De nombreux acteurs du secteur émergent également en France, ce qui montre que le marché est dynamique. Mais les solutions sont rarement modulables et personnalisables comme la nôtre. Notre plus grande démarcation est le niveau de qualité de service fourni qui va permettre à l’utilisateur de n’avoir plus qu’à déverser Ses biodéchets sans avoir l’expertise biologique ou de process. Chaque territoire a ses spécificités, notre solution standard et personnalisable clé en main est un avantage pour avoir un déploiement rapide sur tout type de territoire.

Quels sont vos objectifs en intégrant Paris&Co ?

Nos objectifs sont triples. D’abord, c’est de bénéficier de tout l’accompagnement et l’expertise de l’incubateur Economie Circulaire pour accélérer notre croissance. Ensuite, c’est d’intégrer ce grand réseau qu’est Paris&Co, rencontrer d’autres startups qui pourront devenir des partenaires et pouvoir collaborer avec les partenaires grands comptes. Notre troisième objectif est de bénéficier de locaux dans un lieu stimulant et dédié à l’innovation.

Combien de personnes composent l'équipe aujourd'hui ?

L’équipe est composée aujourd’hui de 6 salariés et de 3 stagiaires.  L’aventure a débuté à 2, puis nous avons constitué une équipe dynamique et complémentaire.

Quelles sont les perspectives ?

Nous avons déposé un brevet et mis en place des prototypes. La phase de commercialisation est en lancement avec un premier contrat en cours de signature. Notre objectif dans 5 ans est de pouvoir mettre en place une centaine d’installations sur tout le territoire français.

 

Pour en savoir  : www.tryon-environnement.com