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Economie circulaire : quelles solutions pour le secteur du e-commerce ?

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Le e-commerce est un marché qui vit une croissance exponentielle. Le total des ventes devrait atteindre les 4.5 milliards en 2021, contre 1.3 milliards en 2014. Une véritable explosion qui a pour conséquence l’augmentation constante du nombre de colis distribués dans le monde. Si la transition vers l’économie circulaire représente un défi de taille pour l’ensemble des acteurs à l’échelle mondiale, elle est aussi synonyme d’opportunités à saisir dans le secteur du e-commerce. Partout dans le monde des solutions émergent pour développer des solutions durables et trouver de nouveaux modèles économiques. Le 21 mars 2019 au Hacking de l’Hôtel de Ville, startups, grands groupes, institutionnels, élus, investisseurs français et étrangers étaient invités à discuter du défi de l’économie circulaire pour le e-commerce et à découvrir des solutions innovantes pour accélérer la transition.

Le workshop « Economie circulaire : quelles solutions pour le secteur du e-commerce ? » réunissait Jean Hornain, Directeur Général de Citeo, Sandra Ledesma, Responsable Développement Durable chez Nature et Découvertes, Antoinette Guhl, Adjointe à la maire en charge de l’économie sociale et solidaire, de l’innovation sociale et de l’économie circulaire et Christof Trowitz, Business Manager for Germany, de la startup Repack. Il était animé par Stéphanie Morisset, responsable de l’incubateur Economie Circulaire chez Paris&Co.

 

Ecoconception des emballages, réemploi, logistique inversée, fin de vie des produits, solutions de collecte et de recyclage… Comment faire du e-commerce un secteur d’activité circulaire, avec un emballage durable et une logistique adaptée ?  Quelles solutions envisager tout au long de la chaine de valeur ?

La discussion s’ouvre sur la vision de Nature & Découvertes, une entreprise à fortes valeurs environnementales pour qui le e-commerce représente un canal de vente en forte croissance. Sandra Ledesma souligne l’importance de transmettre ces valeurs à l’ensemble de la chaîne tout autant que la difficulté à faire évoluer les pratiques dans un secteur où 95% du chiffre est fait par 5% des acteurs. C’est en tant que petit acteur du e-commerce et avec ses contraintes économiques et logistiques que Nature & Découvertes tente de trouver une place pour faire bouger les lignes. Quelques pistes comme l’optimisation du packaging et des emballages sont possibles, mais pour Sandra Ledesma, c’est l’ensemble de la chaîne logistique et des façons de travailler qu’il faut revoir.

Selon Antoinette Guhl, ce changement de paradigme n’est possible qu’à un niveau collectif. La question d’un e-commerce circulaire renvoie à un nouveau mode de consommation qui a déjà commencé à germer dans le commerce de proximité, notamment avec l’installation de nouveaux dispositifs comme les magasins bio ou le vrac. L’enjeu du e-commerce aujourd’hui est d’appliquer et d’accompagner ces nouvelles pratiques de consommation responsable. « A Paris, nous avons décidé dans la commande publique parisienne d’exiger la limitation du suremballage, un produit livré à la Ville ne peut pas être livré dans un emballage à plus de 20% le volume du produit », affirme l’élue.

La réduction de l’impact environnemental du e-commerce repose également sur la responsabilité des entreprises. Le travail de Citeo est de les aider dans ce sens en exerçant la responsabilité élargie du producteur. Les entreprises lui paient une contribution lorsqu’elles mettent un produit sur le marché, en échange de quoi Citeo gère la fin de vie des produits. Sa mission est également de sensibiliser le grand public en partenariat avec les collectivités locales.

Pour Jean Hornain, quelques leviers existent pour mettre le secteur du e-commerce au diapason. Le premier réside dans nos modes de consommation : chaque citoyen doit être écoresponsable, il faut donc essayer de faire preuve de pédagogie, d’éduquer. C’est pourquoi Citeo agit dans les écoles. Deuxième grand levier : l’éco conception, à travers la réduction du volume d’emballage, l’utilisation de matériaux compostables ou le réemploi. Enfin, le positionnement face aux pratiques induites par la globalisation constitue un enjeu de taille. « Avec le commerce international, certaines marketplace échappent à la législation. La solution au niveau européen est d’avoir un registre des entreprises qui vendent sur le sol français et qui doivent contribuer au financement de leur impact environnemental » affirme Jean Hornain

Antoinette Guhl établit une hiérarchie parmi les actions qui favorisent une économie circulaire : la réduction maximale des emballages vient en premier, arrive ensuite le réemploi, puis le recyclage. Et si la Ville a su financer le recyclage, elle s’est peu attaquée à la réduction et au réemploi. Ce dernier est pourtant une piste très riche à explorer, notamment dans le travail sur la durée de vie du produit et l’écoconception.

La startup finlandaise Repack répond aux enjeux de réduction et de réemploi. Fondée en 2011, elle propose un service d’emballage réutilisable aux e-commerçants et à leurs clients. Le matériau utilisé est du polypropène recyclé qui peut être réutilisé lors de 20 cycles. Le client final a le choix entre une solution d’emballage classique ou la solution RePack qui lui coûtera deux ou trois euros de plus mais pour laquelle il sera récompensé d’un bon d’achat. Ce système pose cependant une question importante : RePack ne touche-t-elle pas seulement la frange la plus engagée de la population ? Arrive-t-elle à convaincre les gros acteurs du e-commerce ? Si la startup est aujourd’hui présente dans plus de dix pays, Christof Trowitz admet ne pas encore travailler avec les plus gros mais note un réel progrès dans les pratiques des grands groupes. En Allemagne par exemple, les rayons des magasins doivent automatiquement indiquer les produits réutilisables, afin de favoriser la prise de conscience des consommateurs et accompagner une attitude plus responsable. Selon Christof Trowitz, les plus grands acteurs du e-commerce n’échapperont pas à cette évolution.

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